Pourquoi un roman sur la violence subie dans l’enfance ?

Que guérisse la douleur du silence raconte l’histoire de deux adolescents qui ont des relations douloureuses avec leurs parents. Le père de Rafaelo est un homme dur et autoritaire, la mère de Laura ne cesse de s’enfoncer dans une profonde tristesse. Le lecteur suit les personnages jusqu’à l’âge adulte et peut constater que la souffrance de leurs parents les poursuit. Pourquoi avoir choisi ce thème ?

J’ai toujours été sensible aux cris des adultes sur les enfants, à leurs remarques désobligeantes, parfois humiliantes. Que ce soit à l’école, dans le cercle familial ou chez les amis. Et puis il y avait aussi les gifles, menaces, punitions. J’ai appris bien plus tard qu’il s’agissait de violence éducative ordinaire. C’est-à-dire que c’est bien de la violence, mais qu’elle est admise pour éduquer les enfants. Quand j’entends ça, il y a une voix dans ma tête qui hurle à l’injustice. Comment peut-on accepter de faire subir de la violence aux enfants ?

Les prises de conscience

Quand j’étais enfant, je croyais que c’était normal – même si au fond de moi, la petite voix qui hurlait à l’injustice était déjà là. Mais je la faisais taire. Parce que sinon je me serais sentie bien seule. Et puis j’ai grandi, et j’ai surtout voyagé. J’ai découvert d’autres manières d’éduquer les enfants. J’ai réalisé que les adultes pouvaient apporter de la bienveillance aux enfants, les écouter, les entourer, les valoriser. Et que vraisemblablement, les enfants n’en devenaient pas des tyrans pour autant. Aussi, quand mes enfants sont nés, c’est ainsi que j’ai voulu les élever. Je voulais être une mère douce et aimante. J’y arrivais la plupart du temps. Jusqu’à ce que la fatigue s’installant, je me sente traversée par des débordements d’émotions – et que je me transforme temporairement en monstre. Qu’est-ce qui m’arrivait ? J’ai essayé de comprendre, j’ai cherché des ressources, du soutien. Certaines lectures ont provoqué des déclics en moi, notamment Au cœur des émotions de l’enfant d’Isabelle Filliozat ou Eduquer sans punir de Thomas Gordon. Ils me rappelaient des graines qui avaient été plantées en moi, bien des années auparavant, et dont je n’avais même pas conscience. Et la bienveillance est revenue… la plupart du temps.

Guérir son enfance

J’ai surtout compris que je devais guérir ma propre enfance. Et j’ai remarqué qu’autour de moi, les parents qui essayaient d’être bienveillants commençaient par s’interroger sur leurs propres souffrances. Parce que les enfants malheureux ont tous des parents qui souffrent et ont de grandes chances de devenir des adultes malheureux. Il ne s’agit pas de faire porter le chapeau à ses parents. Finalement, ils n’ont fait que reproduire ce qu’ils ont eux-mêmes subi. Il s’agit plutôt de mettre fin à la violence et aux souffrances qu’elle entraîne.

Où est la limite dans la violence ?

Mais revenons-en à cette notion de violence éducative ordinaire. Cette maltraitance acceptée et autorisée. A quel moment la violence sur les enfants est-elle punie par la loi ? Jusqu’où les adultes peuvent-ils aller ? Une loi interdisant la fessée est sortie en France en 2019. Les parents n’ont officiellement plus le droit de frapper leurs enfants. Mais qu’en est-il des autres violences ? Celles qui ne laissent pas de traces visibles, celles qui n’ont l’air de rien parce qu’il ne s’agit que d’émotions ? Les enfants peuvent-ils être humiliés, menacés, harcelés, grandir dans la tristesse, la douleur, la honte, la peur ? Où est la limite entre violence éducative ordinaire et maltraitance ? Et surtout, comment sait-on ce qui se passe dans le secret de la famille ?

Ne pas se fier aux apparences

On croit souvent que la violence familiale a lieu surtout dans les milieux défavorisés. Pourquoi ? Les gens riches ou cultivés ne souffrent-ils pas ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit avant tout : de souffrance émotionnelle. Et celle-ci ne dépend pas des diplômes obtenus ou du compte en banque. Elle touche tout le monde. D’où l’importance pour tous les parents d’explorer leurs blessures familiales. Les générations précédentes l’ont rarement fait, ce n’était pas dans l’air du temps. Aussi, pour le bonheur des plus jeunes générations, il est urgent de guérir son passé et de s’intéresser à la bienveillance éducative. Sinon, comme Rafaelo et Laura, les enfants meurtris peuvent devenir des adultes qui passent à côté du bonheur pendant des années.

Pour aller plus loin dans la bienveillance éducative, je vous recommande les livres cités plus haut. Ou pourquoi ne pas vous faire accompagner par un coach parental ?

Et si vous souhaitez prendre votre vie en main sans attendre, n’hésitez pas à lire La clé de votre énergie de Natacha Calestrémé.

enfant triste

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